Hypocondrie

Généralités:  C’est l’estimation péjorative de l’état de santé du corps. Des sensations cénesthésiques (perceptions internes du corps) sont interprétées de façon douloureuse et déclenchent de l’anxiété morbide. Il n’y a ni lésion organique ni lésion biologique. L’hypocondrie n’est pas une maladie, c’est un symptôme. Ce symptôme vient se surajouter à des pathologies névrotiques ou psychotiques. Ce sera alors une défense face à un vécu pathologique. Le patient recherchera de manière obsessionnelle l’origine de ses douleurs.

Clinique:  Le sujet hypocondriaque se plaint, recherche des réponses médicales, puis abandonne tour à tour les médecins. Il oscille en permanence entre la dépression et la paranoïa. Il place ses plaintes au centre du système relationnel. Au niveau de la paranoïa, on observera sa quérulence (revendications contre un préjudice imaginaire), sa combativité. Cela pourra aller de la simple préoccupation au grand délire paranoïaque (avec négation d’organes, sinistrose…).

Aspects psychodynamiques:  Le corps est le lieu de la maladie. Toute maladie est accompagnée d’une régression (le sujet sollicite un maternage) et d’une dépression (avec baisse de moral). L’hypocondrie est une réelle perturbation dans la relation du sujet à son corps. L’angoisse pourra s’exprimer au niveau neuro- végétatif, ou se déplacer sur le corps, en dehors de la symbolique hystérique.

Dans le cas de l’hystérie : il y a mentalisation. La problématique est la perte de quelque chose de soi- même (physique, relationnel…).

Dans le cas de l’hypocondrie : le symptôme touche n’importe quelle partie du corps. C’est l’être entier dans son existence qui est mis en question. L’angoisse du sujet doit absolument trouver un lieu d’expression, sans qu’il y ait un sens au niveau de la symbolique corporelle. Pour l’hypocondriaque, il n’y a pas de mentalisation, et tout se joue dans le corps. L’Objet, c’est son corps, c’est un écran où se projettent ses conflits inconscients. Il y a alors absence quasi totale de relation d’Objet.

L’hypocondrie n’est pas une entité clinique, mais un symptôme. La plainte hypocondriaque se voit chez tout le monde lors d’un accès d’angoisse (argent, profession…). L’épreuve de réalité est telle que l’on ne peut plus fuir, ni sublimer. L’hypocondrie est alors une réponse à un événement conjoncturel. Cela évite de se poser le problème de la symbolique au niveau inconscient.

Des états hypocondriaques peuvent survenir à la sénescence ou à l’adolescence. C’est alors une manifestation d’angoisse traduisant le retrait des investissements. A la ménopause, le femme aura des céphalées, des troubles digestifs aux origines non-organiques. Notons que chez les hommes, l’andropause (60 à 70 ans) installera plus lentement sa pathologie. L’hypocondrie prend valeur d’élément structurant pour lutter contre l’angoisse narcissique, permettant au sujet d’accepter son nouveau statut. Chaque pathologie psychiatrique rajoutera sa note de particularité.

Conduite hypocondriaque:  C’est une forme d’existence qui a pour but de tenir le sujet à mi-chemin d’une guérison redoutée et désirée. Le corps de l’hypocondriaque est à la fois Objet et sujet (partie de lui et totalité de lui-même). Il vit son corps comme un fardeau. Le vécu corporel menacé par la mort, est sauvé par le sacrifice d’une partie de soi, d’une partie désignée comme malade. Cette maladie devient la façon “d’être quelqu’un”, alors qu’il s’est toujours perçu comme un Objet.

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